Il ne faut pas regarder les journaux télévisés au premier degré. Les audiences sont au coeur d'enjeux économiques, politiques et même géopolitiques.
Pendant des décennies, les féminicides n'ont jamais été relayé au 20h. Il a fallu un engagement politique pour que ces faits sortent du faits divers sur papier. On apprenait seulement une fois par an, le nombre effrayant de féminicides.
Une entreprise qui passe aux 20h voit ses actions grimper. Ce qui nous a valu un paquet de fake news dans le domaine industriel, comme des images de synthèse de taxis volants.
Idem, pour les robots dansants chinois qui placent le pays en leader à la pointe de la technologie (à tort ou à raison). Ainsi, le public du 20h est instrumentalisé comme faire-valoir.
Le journal télévisé devient alors ce qu'il est aussi : une entreprise de communication. Si vous n'avez pas compris ça et ne prenez pas le recul nécessaire, vous gobez l'info sans discernement.
Hier soir, Sergeï Lavrov a eu droit à une tribune au journal de France 2. Ça ne veut pas dire que la France et Léa Salamé se couchent devant Poutine. Pas plus que quand Léa Salamé reçoit Jean-Luc Melenchon. La seule information importante de cette interview est que Poutine attend un appel de Macron. Qu'il est possiblement en recherche d'un compromis sur l'Ukraine et que cette intervention télévisée est un geste d'ouverture diplomatique.
Vous avez été beaucoup trop nombreux à prendre cette interview au premier degré, me laissant bien seule.
Il y a maintenant de nombreuses années que je comprends le monde par le prisme du journal télévisé, en analysant son contenu. Je sais que le journal contient des informations essentielles par les messages qu'il cherche à faire passer