dimanche 24 mai 2026

Ma vie de chômeuse

 L'histoire commence en 1993. Titulaire de 2 BEP, sténo dactylo et comptabilité (BAC -2), j'entame ma "carrière professionnelle".

Quand on est peu diplômée, les portes du CDI dans une grande entreprise restent fermées. On vous recrute, oui, mais pour du court terme. Vous n'êtes jamais assimilé à la masse salariale de l'entreprise. Le lien le plus faible que j'ai eu, pour une grande entreprise de l'industrie automobile, était nommé BEX (bureau extérieur). J'étais en mission d'intérim chez un prestataire qui me détachait sur le site de production de véhicules. Dans les documents, seul mon CV atteste que J'étais sur les lieux.

Et ça a duré comme ça une trentaine d'années. Des contrats courts ou plus long, la plupart du temps, j'ai fait partie de cette masse salariale qu'on dissimule aux yeux des marchés. Jusqu'à travaillé en sous-sol, faire 2 ans de période d'essai, un an d'intérim, un an de cdd, sans congés, avec un salaire proche du smic, pour n'être pas gardée.

J'ai vite compris que les entreprises ne me rendraient pas mon investissement. Donc, souvent aussi, je n'ai pas hésité à partir. J'ai dû me faire virer de missions d'intérim 3 fois. Sinon, soit je suis à l'origine du départ, soit c'est une fin de contrat.

J'ai travaillé dans plus de 30 entreprises. Sur 15 ans, ça fait 2 par an. En intérim, c'est un minimum. Depuis août 2024, j'en suis à ma troisième boîte. J'ai 57 ans.

Entre les emplois, des périodes de chômage allant de une semaine à plusieurs mois.

Je parle de cette situation qui est aussi celle de millions de chômeurs qui travaillent dans l'ombre parce que personne n'en parle. Nulle part il n'est dit qu'il existe une population active pour laquelle tout est plus dur, exclue des cdi confortables. La médaille du travail, on peut s'asseoir dessus même si mille fois on a fait le job.

Je rappelle que chaque trimestre plus de deux millions de chômeurs sont en activité et que, d'un trimestre à l'autre, certains sortent de l'emploi quand d'autres y rentrent.

lundi 11 mai 2026

Mon combat pour la qualité

 Je vais revenir ce soir, sur un combat que j'ai mené sur un ancien blog pour la qualité.

À cette époque, il était question de vendre de l'eau du robinet en bouteille. Par la recherche de l'ultra-profit, faire une plus-value sur un bien universel, présent en abondance et peu coûteux, bien qu'essentiel, quel ultra-capitaliste n'en n'a pas rêver ?

Problème. À faire trop de profit à partir de produits médiocres, on entraîne les sociétés vers le néant. La bouteille d'eau minérale devient plus chère, pour rester compétitive, et non accessible pour les classes les plus pauvres. Les embouteilleurs d'eau du robinet sont peu payés toujours dans une logique d'ultra-profit, et non pas de compétences particulières, pour traiter l'eau ou la tester.

On assiste à l'émergence de poches de pauvreté qui s'installe d'un bout à l'autre de la chaîne. D'une part, les savoir-faire se perdent et ne sont plus nécessaires (d'échéance de l'éducation), de l'autre les réductions de coûts de production entraînent de maigres salaires pour des consommateurs de produits médiocres et peu onéreux.

Alors que nous avons l'eau en abondance, la rareté du produit s'organise pour plus de profit. De quoi plonger l'humanité dans la pauvreté.

C'est pour ça qu'il faut des normes qualitatives en-dessous desquelles il ne faut pas descendre. Pour préserver un niveau élevé de qualité de la vie pour tous et un système éducatif performant. En Europe, notre patrimoine est fait d'exigences pour le bien du plus grand nombre. Notre douceur de vivre, nous l'avons reçu en héritage. Il ne faut pas confondre l'argent et la richesse. Il faut se battre pour la qualité. Le savoir-faire est aussi souvent le savoir-être. Le savoir-faire est vecteur de richesse et d'épanouissement.

Un jour, j'ai vu un gilet long qui comptait plus de trous que de laine. Un autre, j'ai vu des hauts du corps transparents et des jeans troués pour une deuxième vie. J'ai anticipé les chaussettes vendues à l'unité. Mais j'étais loin de m'attendre à ces OPA sur un avenir fictif, à ces délires pseudo-futuristes pour faire toujours plus de profit. Je m'étais dis s'ils pouvaient te vendre de l'air, ils le feraient. À la place, ils vendent du vent !


samedi 25 avril 2026

Un petit mot sur Linkedin

 J'ai supprimé mon compte LinkedIn cette semaine. Je n'ai définitivement pas le profil.

On m'a reproché mon fil peut conventionnel alors que j'ai toujours respecter mes employeurs.

Ce réseau social professionnel est le comble de l'hypocrisie. Il y faut un profil parfaitement net où on ne s'exprime surtout pas sur ce qui nous semble important. Le règne de la pensée unique. Un incontournable pour beaucoup. Pas pour moi.

Sur LinkedIn, on veut des gens formatés. Des gens formatés à l'économie américaine. Perméables aux fictions en tout genre. Sans cerveau et avec une belle photo.

Des gens qui bossent sans loisirs ni opinions. Corporate. 

Alors sur mon LinkedIn, il y avait mes anciens chefs qui me connaissent et ont pu m'apprécier le temps d'une collaboration.

Pourquoi se coucher quand on tient debout ?


jeudi 23 avril 2026

Musk, l'IA et le revenu universel

 Quoi de changer depuis 2017 et son revenu universel de campagne électorale ?

Presque rien. À l'époque, l'arrivée massive des robots allait détruire Tous les emplois de façon imminente, bien entendu. D'abord on crée la crainte d'une chute de statut social de l'ensemble des travailleurs, puis on leur vend un beau revenu universel pour qu'ils puissent vivre sans travailler. Quelle aubaine !

Dix ans plus tard, dans leurs courses folles, les robots chinois ont chuté, mal partis pour vous faire une baguette, une coiffure, un ravalement de façade, une autoroute, accrocher un tableau, poser du papier peint, doucher mamie,....

Et, non. Le réveil sonne toujours à l'heure du turbin, avant le premier rayon de soleil, pendant que les robots attendent qu'on les rafistole.

10 ans de tours dans le bocal pour les poissons rouges que nous sommes.

Aujourd'hui, en 2026, à la veille de la Présidentielle de 2027, c'est l'IA qui va faire tous les jobs. Pas de jambes, pas de bras mais une grosse tête. Vous me direz ça ne sert à rien une grosse tête pour cueillir les fraises et les acheminer en supermarché. À rien non plus pour découper un bœuf ou un saumon. À rien encore bétonner, construire une maison, secourir un accidenté de la route.

Alors, on connaît les métiers menacés par l'IA. Tous ces emplois de bureau qui se sont tellement complexifiés que même un IA n'y peu rien. S'il n'y a plus de secrétaire, il y a des assistantes de gestion qui gèrent toute l'organisation d'une entreprise. Et les comptables ? Il faut connaître les règles comptables pour savoir qu 'il y en a une multitude qui demandent d'analyser dans le détail chaque document. Et en plus, ces règles changent régulièrement.

Alors Musk nous promet à nouveau un revenu universel en prévision de la disparition des "emplois" au profit de l'IA. Quels emplois au juste ? Ceux d'il y a 10 ans ? 

On en reparle....

https://www.france24.com/fr/%C3%A9co-tech/20260420-revenu-universel-elon-musk-gourous-tech-emploi-menace-ia

mardi 14 avril 2026

Le conseil d'analyse économique sur le chômage

 Ne pouvant accéder aux articles de presse, je suis allée chercher le communiqué de presse du CAE.

Si c'était bien la peine d'en arriver à ça ! Le court article suggère de précariser les chômeurs seniors en raison de leurs ressources en épargne et d'analyser les comportements. Parce que le chômage, c'est bien connu, c'est une question de comportement !

C'est vrai qu'avec une allocation chômage de 1075 euros bruts mensuels en moyenne, on se la coule douce. On mène une vie de rêve. Information importante pour le CAE, les chômeurs seniors qui ont de l'épargne puisent déjà dedans. Les chômeurs de tous âges ne peuvent pas se permettre de percevoir aussi peu d'argent et n'ont absolument pas le choix de l'emploi. Le comportement du chômeur est simple. Soit il cherche un emploi, soit il est dans une situation qui l'empêche d'accéder à l'emploi. Il est aidant pour un proche ou sans possibilité de mobilité. Ce chômeur sort du cadre de la masse salariale.

Encore une fois, le chômage est présenté comme un coût alors qu'il est aussi une ressource. Les chercheurs d'emplois sont disponibles pour les remplacements et les surcroît d'activité. Ils sont adaptables et participent à la richesse nationale en travaillant en contrats courts ou à temps partiel.

Comme on ne mesure toujours pas le volume d'activité des demandeurs d'emplois, cette donnée apparaît comme inexistante. Ainsi, le chômeur serait un feignant profiteur d'un système trop généreux. Il faudrait prendre en compte le taux d'activité de chaque chômeurs sur une année pour connaître le réel pourcentage d'inactifs.

Sur 5 millions de chômeurs au dernier trimestre 2025, environ 3 347 000 n'ont pas d'activité et plus de 2 millions travaillent. Et ce ne sont pas les mêmes d'un trimestre à l'autre. Il faut revoir le lexique autour du chômage. Enrichir le vocabulaire et ne plus masquer la réalité. Il faut être dynamique pour chercher un nouvel emploi.

Bien à vous, le CAE.


https://cae-eco.fr/mesurer-lefficacite-de-lassurance-chomage-communique-de-presse





lundi 13 avril 2026

Data centers en orbite - Article

 J'ai trouvé un article de David Monniaux, chercheur en informatique au CNRS.

Vous ne verrez pas cet article dans la presse, et pour cause. Sur cette fiction des data centers en orbite, repose les profits boursiers des géants de la tech américains.

Le chercheur énumère toutes les contraintes physiques incompatibles avec un tel projet. De l'énergie nécessaire, la maintenance, le refroidissement des data centers.

Je suis plus basique puisque je pense que le poids et la taille des data centers sont déjà des inconvénients pour quitter l'atmosphère.

J'espère vivement que vous pourrez traduire cet article en accès libre. Il vous aidera à comprendre à quel point l'économie américaine, à force de fiction, est en danger. Et à quel point ces géants de la tech sont prêts à renier la science, l'information et la démocratie pour conserver leur leadership.

Enfin, j'espère que vous comprendrez qu'il est très important de faire tomber les masques.


https://www.univ-grenoble-alpes.fr/actualites/the-conversation/sciences/the-conversation-pourrait-on-faire-fonctionner-des-data-centers-dans-l-espace--1712712.kjsp

jeudi 9 avril 2026

La législation autour des arrêts maladie

Le gouvernement nous promet de nouvelles règles en cas d'arrêt maladie de longue durée, avec la possibilité, pour l'employeur, de demander que le salarié en arrêt soit contrôlé.

La Loi empêche l'employeur de licencier ou de remplacer définitivement un salarié en arrêt. Ce système présente un handicap double pour l'employeur qui ne peut pas embaucher durablement, et pour la personne qui remplace en contrat court, sans pérennité de l'emploi.

On a toujours une bonne raison d'être en arrêt maladie, même si cette raison est juste l'impossibilité de bien vivre en entreprise.

Nous avons tous en tête des salariés qui laissent pourrir la situation pendant plusieurs mois ou plusieurs années, en restant couvert par les indemnités journalières très coûteuses pour l'Etat.

Bien vivre en entreprise n'est pas toujours facile quand cette dernière rogne sur l'espace de travail, par souci d'économie, jusqu'à faire sentir aux salariés qu'il n'a pas sa place. Ou encore, quand comme pour moi dernièrement, le manager névrosé vous refile toutes ses angoisses en menaçant de mettre fin à ses jours.

Pas toujours facile, en effet. Alors, plutôt que de voir un Saint comme patron et un délinquant comme employé, pourquoi ne pas assouplir les règles et prévoir des possibilités de licenciement en période d'arrêt maladie, s'il n'est pas dû à une maladie grave ? 

Histoire de crever l'abcès en préservant les droits de chacun. À ouvrir le dialogue, nous y gagnerions tous.